Catalogue des manuscrits enluminés [germaniques] du département des Manuscrits

Budget
2013 : 22 108 €

Les entités participant au financement
Les services BnF et leurs rôles
Les acteurs BnF et leurs rôles
Les groupements

Description

Résumé :

Ce projet vise à achever le catalogue raisonné des manuscrits enluminés germaniques conservés au département des Manuscrits. Le premier programme, initié dans les années 1990, concerne 180 oeuvres réalisées entre le XVe et le XVIIIe siècle sur un territoire couvrant l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. Cet ensemble est remarquable par sa diversité stylistique, par la multiplicité des thèmes représentés et par la qualité de pièces exceptionnelles, tant sur le plan iconographique qu’esthétique.
A côté du catalogue en ligne BnF Archives et manuscrits (http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/), qui signale les collections et en donne une description codicologique et textuelle, il s’agira d’offrir à une communauté scientifique internationale l’inventaire exhaustif de référence des pièces enluminées, concourant à une juste vision des productions artistiques par le rejet de toute sélection qualitative. La synthèse des avancées de la recherche en matière de provenances et d’attributions sera passée au crible d’une analyse stylistique approfondie, contribuant ainsi à une actualisation des connaissances très attendue des spécialistes.

Détail :
Initié en 1995, le programme de catalogage des manuscrits enluminés d’origine germanique a pour objectif de donner une suite au premier volume publié grâce au soutien de la fondation Fritz Thyssen :
Bibliothèque nationale, Département des manuscrits, Centre de recherche sur les manuscrits enluminés. Manuscrits enluminés d'origine germanique. Tome I, Xe-XIVe siècles / par François Avril et Claudia Rabel ; avec la collab. d'Isabelle Delaunay. - Paris : Bibliothèque nationale de France, 1995.

Le second tome doit porter sur les manuscrits germaniques datant du XVe au XVIIIe siècle, soit 180 pièces produites dans une région correspondant globalement à l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.

Comme la plupart des autres séries étrangères de manuscrits à peintures de la BnF, la collection germanique n’est pas le fruit d’une politique d’acquisition volontaire et concertée. C’est surtout à partir du XVIIe siècle que l’on commence à voir affluer ces manuscrits dans les collections royales, par divers canaux et de façon non préméditée. Un certain nombre d’entre eux sont entrés parmi les livres de Mazarin et de Colbert ou au hasard de ventes et donations au XVIIIe siècle. Il faut attendre les prélèvements de la Révolution dans les bibliothèques rhénanes pour voir émerger un ensemble structuré.

Couvrant quatre siècles, la partie de la collection datant de la fin du Moyen-Âge au XVIIIe siècle se distingue donc par son extrême variété, intéressant les domaines de recherche les plus divers : chroniques, recueils de costumes, traités d’astrologie, d’alchimie, d’art militaire, recueils de chartes ou recettes de médecines côtoient les bibles, vies de saints et autres livres de dévotion. La palette des formes picturales est tout aussi riche, depuis la miniature jusqu’au schéma technique en passant par le dessin aquarellé, très populaire dans cette région. Plusieurs pièces exceptionnelles sont déjà honorées d’une bibliographie importante, parfois à destination d’un public élargi. Par exemple, le manuscrit Allemand 34, une Vie de sainte Catherine réalisée au XVe siècle dans la région du Rhin supérieur, a fait l’objet d’un numéro d’Art de l’enluminure en 2004-2005. Ce manuscrit, le plus illustré des vies de la sainte réalisées moins de deux siècles après sa mort, offre un cycle iconographique rare, parfois audacieux. Deux autres œuvres remarquables, un Tacuinum sanitatis copié au XVe siècle (ms. Latin 9333) et un traité d’alchimie du XVIe siècle, le Splendor Solis (ms. Allemand 113), ont fait quant à eux l’objet de luxueux fac-similés en 2007 et 2009, assortis de commentaires signés par Eberhard König et Alejandro Garcia Aviles.

L’enjeu scientifique d’un catalogue raisonné est donc double : offrir une synthèse des recherches et monographies publiées sur les manuscrits les plus célèbres, et donner à voir les manuscrits secondaires, dont la connaissance est indispensable pour appréhender une production régionale dans sa diversité.